la naissance de l'ASSOCIATION DES LIVRES ET MOI

CHERS AMIS

 

C’est avec joie que je vous accueille sur ce site dédié à la passion de la littérature, que nous éprouvons. Le lapsus digital que je faisais en tapant cette première phrase est, d’ailleurs, « C’est avec foi… » ! Joli, non, le lapsus ?

 

L’association Des Livres et Moi est née d’un parcours compliqué où la force mentale a joué un grand rôle et où l’esprit en escalier nous a bien aidés, mon co-organisateur et moi-même, à garder notre objectif en ligne de mire.

 

J’ai commencé l’organisation de ce salon du livre sur la suggestion d’une association de la Nièvre, Regards, pour qui je corrigeais sa revue littéraire amateur. La présidente me demande, à l’été 2014, si je veux organiser un salon du livre dans le Pays de Gex. Sans réfléchir, j’accepte et nous nous rencontrons à Craponne, près de Lyon, en février 2015 pour commencer à réfléchir et tracer les grandes lignes de cette organisation. On choisit la date (il n’y en a jamais de bonne…) et définissons les besoins en locaux.

 

J’écris à une grande partie des maires du Pays de Gex, peu répondent et le seul dont la salle correspond à nos critères, est celui d’Echenevex, petit village vert au pied du Jura. Les exigences sont simples : une salle vaste, accessible aux handicapés et gratuite.

 

Le rendez-vous avec le maire d’Echenevex est des plus cordiaux. Le mot « prêt » est revenu plusieurs fois dans la conversation mais vous vous doutez bien que si je le précise, c’est qu’un gros lézard se cachait par là.

 

UN DEBUT D’ANNEE PROMETTEUR

 

Au printemps, je rencontre le journaliste camerounais Alimoka Iboussi. Au fil de la discussion, il décide de collaborer à la réalisation de ce projet d’envergure et nous prenons rendez-vous à la mairie pour terminer le dossier de la salle.

 

Nous sommes toute fin août et nous découvrons avec stupeur que le prêt de la salle va nous coûter 800€. J’appelle l’association Regards pour qui nous organisons. La réaction est réactive : « Arrête tout ! On n’a pas un sou ! ». Ca a le mérite d’être clair.

 

Alimoka et moi nous regardons : nous n’arrêtons rien. Nous attendons une cinquantaine d’exposants. Nous sommes donc à 2 mois du salon du livre (6-7-8 nov) sans association, sans argent et sans locaux.

 

Alimoka et moi remontons une association pour pouvoir continuer : il suffit de 2 personnes. Ca tombe bien, il n’y a personne d’autre en vue. A l’unanimité, il est élu trésorier et je suis élue présidente. Nous déposons les statuts à la sous-préfecture de Gex et attendons.

 

Pendant ce temps, la municipalité nous talonne : il faut payer la salle, faire des chèques de caution, pour maintenir la date. Mais nous n’avons plus de statut d’association du tout. Nous faisons, sur nos carnets personnels, des chèques dont nous n’avons pas le 1er centime….

 

Enfin, l’enregistrement est effectué. Nous recevons notre numéro d’association, la parution au journal officiel entérine notre entité. Nous pouvons aller à la banque ouvrir un compte vide assorti d’un carnet de chèques en bois et contracter une responsabilité civile.

 

L’ARGENT NE FAIT PAS LE BONHEUR

 

Nous voilà repartis pour Echenevex où nous échangeons nos chèques personnels contre ceux de l’association. Les délais d’encaissement nous procurent un sursis pour trouver quelque aumône pour alimenter le compte.

 

Nous avions de beaux projets d’animation, d’activités culturelles pour le salon. Qu’à cela ne tienne : nous réduisons la voilure. De nos premières ébauches, ne subsistent que la soirée du samedi. Nous sacrifions tout le reste sur l’autel de la monnaie.

 

J’ai un bon réseau de connaissances dans l’automobile : je fais donc le tour de mes partenaires garagistes. Il faut dire que, dans la bataille, aucun libraire n’a accepté de nous soutenir. Comme les mondes ne sont pas cloisonnés, ce sont les garagistes qui nous aident.

 

Nous réussissons à réunir une somme suffisante pour couvrir la plus grande partie des frais. Nous débutons le salon avec un déficit de 300€ que la buvette, alimentée par les denrées de la station services Total de Ferney, va combler.

 

Si le 1er salon du livre Des Livres et Moi a été une course contre l’administration, le 2ème a été une course contre le financement. Sans subvention, un financement participatif a été lancé qui n’a rapporté que 225€. Les deux ont pourtant représenté de grandes victoires.

 

Quand je me suis vue au milieu de mes auteurs, de mes éditeurs, j’ai éprouvé une grande joie, une profonde satisfaction, le sentiment du devoir accompli et du défi relevé. Au soir du dernier jour, la municipalité d’Echenevex s’est portée partenaire pour l’année suivante.